Aller au contenu principal
← Sécurité & effets indésirables

Hémodialyse au Yémen : la hijama multiplie par 3,4 le risque d'hépatite B

Ahmed RH, Al-Nagar N, Al-Subol I et al. ·Cureus, · Yémen

DéfavorablePreuve modéréeÉtude de cohorteNon précisée

L'étude en bref

Titre original
The Prevalence and Associated Factors of Hepatitis B and C Virus in Hemodialysis Patients in Ibb Governorate, Yemen
Journal
Cureus, 2024
Population
374 patients hémodialysés, hôpital Al-Thawra, Yémen
Sujets
hepatite-b, hepatite-c, insuffisance-renale
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Cohorte de 374 hémodialysés à Ibb : la ventouse (hijama) est associée au VHB avec un odds ratio de 3,4 (IC 1,3-8,77), facteur de risque indépendant.

Citation : Ahmed RH, Al-Nagar N, Al-Subol I, et al. « The Prevalence and Associated Factors of Hepatitis B and C Virus in Hemodialysis Patients in Ibb Governorate, Yemen. » Cureus, 2024. Lire l’original · DOI : 10.7759/cureus.70112

Ce que l’étude a cherché à savoir

Les patients hémodialysés sont exposés à un risque accru de transmission virale par le sang, et les hépatites B et C y sont plus fréquentes que dans la population générale. Au Yémen, la hijama humide est une pratique courante. Une équipe a mesuré la prévalence et cherché les facteurs de risque chez les hémodialysés du gouvernorat d’Ibb.

Comment ils s’y sont pris

Étude transversale sur 374 patients insuffisants rénaux en hémodialyse régulière à l’hôpital Al-Thawra, Ibb. Consentement signé, sérologie ELISA pour anti-VHC et HBsAg, questionnaire sur les facteurs de risque : transfusion, durée de dialyse, et antécédent de hijama. Analyse par régression logistique et chi-deux.

Ce qu’ils ont trouvé

Prévalence élevée : 31 % de VHC (116 patients), 6,15 % de VHB (23 patients). Facteurs de risque du VHC : nombre d’unités de sang transfusées (OR = 3,1) et durée de dialyse (OR = 3,2). Pour le VHB : l’antécédent de hijama ressort comme facteur de risque indépendant, avec un odds ratio de 3,4 (IC 95 % : 1,3 à 8,77, p = 0,011).

La hijama humide multiplie donc par plus de trois le risque de VHB chez ces patients fragiles.

Les limites de cette étude

Transversale : association, pas causalité, et le sens de la transmission reste à établir. Le terme « hijama » dans le questionnaire n’est pas précisé : il peut recouvrir différentes pratiques selon les contextes locaux, y compris des conditions d’hygiène variables. Et la population est particulière (hémodialysés), l’extrapolation au grand public est à faire avec prudence.

Verdict : défavorable, preuve modérée

Chez les hémodialysés yéménites, la hijama est un facteur de risque indépendant du VHB (OR 3,4). Défavorable sur la sécurité de la branche humide : le lien est documenté dans une population déjà à risque infectieux élevé.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Le chiffre est net : OR de 3,4 chez des patients déjà exposés par la dialyse. Cette étude, je la cite en formation quand on me demande pourquoi je fais la distinction entre sèche et humide. La hijama humide implique effraction cutanée, donc sang, donc transmission possible si le matériel ou les conditions ne sont pas stériles. Je ne pratique pas la humide, c’est un choix assumé, et ces données le justifient. Pour le praticien de la sèche, le message est différent : on ne franchit pas la barrière cutanée, mais la vigilance hygiène reste non négociable, surtout chez les clients immunodéprimés ou sous traitement lourd.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. La hijama humide (scarification) est un acte distinct de la ventouse sèche et relève d’un cadre médical. Cette fiche résume une étude épidémiologique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

Vous souhaitez apprendre la ventousothérapie ?

Formation 45h en visioconférence, 11 référentiels, cours particuliers.

S'inscrire à la formation