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Hypothyroïdie : acupuncture et ventouse à feu, 5 cas avec TSH normalisée

Nair PMK, Jyothi N ·Journal of Acupuncture and Meridian Studies, · Inde

FavorableTémoignage cliniqueCas cliniqueProtocole combiné

L'étude en bref

Titre original
Role of Acupuncture and Fire Cupping in Reducing the Thyroxine Dose and Improving the Thyroid Function in Hypothyroidism Patients: A Case Series
Journal
Journal of Acupuncture and Meridian Studies, 2021
Population
5 femmes de 38 à 44 ans sous lévothyroxine pour hypothyroïdie
Sujets
hypothyroidie
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Série de 5 cas indiens : 3 mois d'acupuncture et de ventouse à feu, TSH redevenue normale et lévothyroxine réduite. Un signal biologique, pas une preuve.

Citation : Nair PMK, Jyothi N. « Role of Acupuncture and Fire Cupping in Reducing the Thyroxine Dose and Improving the Thyroid Function in Hypothyroidism Patients: A Case Series. » Journal of Acupuncture and Meridian Studies, 2021. Lire l’original · DOI : 10.51507/j.jams.2021.14.5.200

Ce que l’étude a cherché à savoir

L’hypothyroïdie touche 4 à 5 % de la population mondiale, et jusqu’à 11 % en Inde selon les auteurs. Le traitement standard, la lévothyroxine, marche mais laisse des patients insatisfaits : symptômes persistants, observance difficile, doses à réajuster sans cesse.

La médecine chinoise range ce tableau dans les déficiences de Yang et de Qi (rate, rein, coeur). L’acupuncture y a sa place théorique. En revanche, les publications cliniques qui combinent acupuncture et ventouse sur ce terrain se comptent sur une main, sans suivi ni donnée sur les médicaments. Cette série de 5 cas, menée à Bangalore, veut combler le vide, avec une mesure de la fonction thyroïdienne jusqu’à trois mois après la fin des séances.

Comment ils s’y sont pris

Cinq femmes de 38 à 44 ans, hypothyroïdiennes depuis 3 à 7 ans, toutes sous Thyronorm prescrit par leur endocrinologue. Pas de Hashimoto : les anticorps anti-TPO étaient dans les normes. Le protocole a été conduit par un médecin naturopathe et yogothérapeute licencié, 20 ans d’expérience, dans sa clinique de Bangalore.

Trois mois de traitement : 24 séances d’acupuncture (8 par mois) et 12 séances de ventouse à feu (4 par mois). Côté aiguilles, 19 points au total : ST36, LI4, SP6 et BL20 en bilatéral, dix autres points en unilatéral, stimulation manuelle jusqu’au De Qi, 30 minutes de pose. Côté ventouse, le vide est créé par une boule de coton imbibée d’alcool chirurgical enflammée dans la coupelle. Sept ventouses par séance, 20 minutes de pose : taille 2 au niveau de C7, autour de l’ombilic, sur ST25, Ren6 et Ren9 ; taille 3 sur SP9 et ST34. Des conseils diététiques accompagnent le tout : céréales complètes, fruits de saison, salades.

La TSH, la T4 et la T3 ont été dosées au départ, chaque mois pendant le traitement, puis trois mois après la dernière séance.

Ce qu’ils ont trouvé

La TSH de départ oscillait entre 11,01 et 14,20 µIU/mL, nettement au-dessus de la norme (0,4 à 4,2). Au troisième mois, les cinq patientes étaient revenues dans la fourchette : 2,20 à 3,92. Le point le plus intéressant reste la persistance : trois mois après l’arrêt des séances, les TSH tenaient entre 3,20 et 3,64.

La T4 a fait le chemin inverse. Quatre patientes partaient bas (3,52 à 4,10 µg/dL) ; toutes ont rejoint la zone normale au troisième mois (10,43 à 10,82). La T3, normale dès le départ, n’a pas bougé.

Conséquence clinique : l’endocrinologue traitant a réduit les doses de Thyronorm au sixième mois, jusqu’à un minimum pour chacune. L’IMC a baissé de façon continue sur toute la période. Côté ressenti : moins de fatigue, chute de cheveux enrayée, pieds froids disparus. La patiente du cas 4 rapporte des crampes musculaires réduites de 70 %, même au repos.

Détail pour les praticiens : les auteurs notent qu’une décoloration rosée des marques de ventouse, lue comme signe de bon pronostic dans leur tradition, est apparue vers la fin du premier mois, en même temps que l’amélioration subjective.

Les limites de cette étude

Cinq cas, aucun groupe témoin, aucune randomisation. La TSH fluctue spontanément, et une patiente qui pousse la porte d’une clinique de médecines complémentaires arrive déjà avec des attentes.

Le protocole est un bouquet : acupuncture, ventouse à feu et diététique ensemble, la part de la ventouse est impossible à isoler. La réduction de lévothyroxine, bien que décidée par l’endocrinologue, n’est pas chiffrée en microgrammes. Et une série de cas positifs dans une revue de la spécialité sent le biais de publication : les échecs ne s’impriment pas.

Verdict : favorable, preuve témoignage clinique

Favorable parce que la mesure est objective et biologique : cinq TSH revenues dans les normes, stables trois mois après l’arrêt, avec réduction documentée des médicaments. Pour une série de cas, le signal est propre. Signal seulement : sans contrôle et dans un protocole combiné, rien ne dit que la ventouse y est pour quelque chose, ni même que l’ensemble tient au-delà de ces cinq femmes. Ce type de publication sert à monter un essai, pas à changer une pratique.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

La ventouse à feu n’est pas mon outil, je travaille au polycarbonate pneumatique. Mais les zones choisies me parlent : la région péri-ombilicale et les points du dos, c’est du classique en travail de fond. Vingt minutes de pose, c’est plus long que ma pratique courante. Quant à la lecture pronostique des marques, je la connais dans la tradition, je ne m’en sers pas pour décider.

Deux prudences. La première : réduire la lévothyroxine relève de l’endocrinologue, jamais du praticien en ventouse ; ici la dose a été diminuée par le médecin, c’est fait dans les règles. La seconde : la ventouse est noyée dans l’acupuncture et le régime. Sur la fatigue ou la frilosité, je comprends la démarche en complément, mais personne ne peut dire ce que la ventouse a apporté seule. À lire comme une piste.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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