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Pression négative sur les cicatrices : -105 mmHg augmente le plus le flux sanguin cutané

Shen WC, Cheng HT, Jan YK et al. ·Cureus, · Taïwan

MitigéPreuve préliminaireÉtude de mécanismePose statique

L'étude en bref

Titre original
Effect of Negative Pressure Therapy on Skin Blood Flow Responses in Scar Tissue
Journal
Cureus, 2025
Population
36 participants porteurs de cicatrices
Sujets
cicatrice
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

36 participants avec cicatrices : la dépression à -105 mmHg augmente davantage la perfusion cutanée que -125 ou -145 mmHg. Verdict mitigé.

Citation : Shen WC, Cheng HT, Jan YK, et al. « Effect of Negative Pressure Therapy on Skin Blood Flow Responses in Scar Tissue. » Cureus, 2025. Lire l’original · DOI : 10.7759/cureus.90436

Ce que l’étude a cherché à savoir

Une cicatrice mal vascularisée se répare mal. La thérapie par pression négative (NPT), la parente médicale de la ventouse, est utilisée en cicatrisation pour stimuler le flux local. Mais à quelle dose ? Une équipe taïwanaise a voulu trouver la dépression qui maximise la perfusion cutanée sur le tissu cicatriciel.

Trois niveaux testés, un seul objectif : le sang afflue-t-il mieux selon la force d’aspiration ?

Comment ils s’y sont pris

Trente-six participants avec cicatrices. Trois dosages de NPT : -105, -125 et -145 mmHg, appliqués 10 minutes chacun. La perfusion cutanée (SBF) est mesurée avant, pendant et après chaque application.

L’idée : comparer la perfusion immédiatement après la fin de l’aspiration pour voir quelle dose laisse le meilleur effet.

Ce qu’ils ont trouvé

La dose modérée gagne. Après -105 mmHg, la perfusion cutanée terminale est de 152,7 unités de perfusion (PU), contre 77,5 PU après -125 mmHg (p = 0,026) et 65,2 PU après -145 mmHg (p = 0,012). Plus on aspire fort, moins la perfusion résiduelle est bonne.

À -105 mmHg, la corrélation entre la perfusion pendant l’application et celle après la dépose est forte (r = 0,890, p < 0,001) : l’effet local persiste une fois la ventouse enlevée.

Les limites de cette étude

Mesure immédiate seulement : on ne sait pas si le flux reste élevé dans les heures qui suivent. Pas de groupe sans aspiration ni de sham. La perfusion cutanée est un marqueur intermédiaire, pas un résultat clinique : on n’a pas mesuré si la cicatrice s’améliore, seulement si le sang afflue. 36 participants, c’est correct pour une étude de mécanisme mais limité pour une recommandation de protocole.

Verdict : mitigé, preuve préliminaire

Une donnée de dosage nette : sur le tissu cicatriciel, la dépression modérée (-105 mmHg) produit plus d’hyperémie résiduelle que les dépressions fortes. Utile pour penser le protocole, mais c’est un marqueur physiologique, pas une preuve que la cicatrice s’en trouve mieux à terme.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Sur les cicatrices, je travaille doux et j’avais raison sans le savoir : -105 mmHg, c’est une dépression légère à modérée, celle que j’utilise quand je veux stimuler sans traumatiser. Cette étude confirme que plus fort n’est pas mieux : à -145, la perfusion s’effondre probablement parce que les capillaires se pincent. En formation, je montre sur les cicatrices adhérentes que la ventouse douce relance la vascularisation locale sans risquer de décoller quoi que ce soit. Le fait que l’effet persiste après la pose (corrélation 0,89) est un bon signe : ce n’est pas juste une congestion fugace.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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