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Que contient le liquide des bulles de ventouse ? Une piste myokines

Urooj S, Umar A, Jahangir U ·Journal of Bodywork and Movement Therapies, · Inde

MitigéPreuve préliminaireÉtude de mécanismePose statique

L'étude en bref

Titre original
Physiological effect of cupping: Case series.
Journal
Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2025
Population
5 patients, ventouse sèche sur différentes zones
Sujets
mecanisme, physiologie

En une phrase

Série de 5 cas : le sérum des bulles formées sous la ventouse sèche contient deux fois plus de créatinine que la sueur. Hypothèse d'une réponse musculaire.

Citation : Urooj S, Umar A, Jahangir U. « Physiological effect of cupping: Case series. » Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2025. Lire l’original · DOI : 10.1016/j.jbmt.2025.03.016

Ce que l’étude a cherché à savoir

Comment la ventouse sèche agit-elle ? Les hypothèses existantes restent spéculatives. Cette équipe indienne de médecine Unani a voulu construire une hypothèse physiologique à partir de données cliniques, en analysant ce qui se forme sous la ventouse.

Comment ils s’y sont pris

Cinq patients ont reçu de la ventouse sèche sur différentes parties du corps, pour des durées variables. Quand des bulles se formaient pendant la pose, leur liquide a été prélevé et analysé biochimiquement et au microscope.

Ce qu’ils ont trouvé

Le sérum des bulles contenait des niveaux de créatinine deux fois supérieurs à ceux de la sueur, alors que la créatinine veineuse des patients restait normale. Pour les auteurs, ce détail indique une participation musculaire au phénomène, pas seulement cutanée. Ils proposent un modèle : la ventouse agirait d’abord sur la peau (transduction, conduction, transmission du stimulus mécanique), puis sur le muscle sous-jacent, dont la réponse libérerait des myokines déclenchant une réponse inflammatoire à l’origine des effets systémiques.

Les limites de cette étude

Cinq patients, des bulles « incidentelles » (donc sur des protocoles probablement agressifs ou prolongés, la bulle n’est pas l’objectif d’une pose standard), et une hypothèse qui reste à démontrer. La créatinine doublée dans le liquide de bulle ne prouve pas la libération de myokines ni un effet systémique : c’est un indice, pas une chaîne causale.

Verdict : mitigé, preuve préliminaire

Un travail d’hypothèse honnête qui enrichit le débat mécanistique : la ventouse ne serait pas qu’une affaire de peau, le muscle participerait. Mitigé parce que c’est de la génération d’hypothèse sur cinq cas, à valider par des études conçues pour.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Les bulles, je connais : quand on laisse une ventouse trop longtemps ou trop fort, la peau fait une phlyctène. En formation j’apprends à les éviter, pas à les chercher. Ces chercheurs en ont profité pour analyser le liquide, et leur résultat m’intéresse : deux fois plus de créatinine que dans la sueur suggère que quelque chose vient du muscle sous la peau. Ça rejoint ce que je constate en glissée : la ventouse ne reste pas en surface, le travail descend en profondeur dans les plans myofasciaux. L’hypothèse des myokines est séduisante mais reste à prouver ; pour l’instant c’est une lecture plausible de terrain, pas une explication établie.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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