Aller au contenu principal
← Sport & récupération

Dorsiflexion de cheville : seule la ventouse dynamique dépasse le seuil de changement

Schaub AN, Cleather D, Bailly M et al. ·Journal of Bodywork and Movement Therapies, · États-Unis

MitigéPreuve modéréeEssai contrôlé randomiséVentouse glissée

L'étude en bref

Titre original
The effect of different types of cupping therapy on acute changes in ankle dorsiflexion
Journal
Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2024
Population
adultes sains avec amplitude de cheville mesurée
Sujets
raideur-cheville, amplitude-articulaire

En une phrase

35 adultes sains, 4 groupes : statique, dynamique et leurs sham. Pas de différence significative entre groupes, mais seule la cupping dynamique dépasse le changement minimal détectable.

Citation : Schaub AN, Cleather D, Bailly M, et al. « The effect of different types of cupping therapy on acute changes in ankle dorsiflexion. » Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2024. Lire l’original · DOI : 10.1016/j.jbmt.2024.08.012

Ce que l’étude a cherché à savoir

La ventouse est censée lever et séparer les fascias pour faciliter l’étirement, mais les protocoles varient et les résultats sur l’amplitude articulaire sont inconsistants. Une équipe a décomposé proprement : ventouse statique, dynamique (avec mouvement), et leurs sham respectifs, sur la dorsiflexion de cheville.

Trente-cinq adultes sains, quatre groupes.

Comment ils s’y sont pris

Randomisation en quatre bras : ventouse statique, ventouse dynamique, sham statique, sham dynamique. Amplitude de dorsiflexion mesurée à l’inclinomètre digital avant et juste après l’intervention. Analyse statistique sérieuse : ANCOVA ajustée sur l’amplitude de base, et le changement minimal détectable (5,08°) utilisé pour juger la pertinence clinique, pas seulement la significativité.

Ce qu’ils ont trouvé

Tous les groupes gagnent en amplitude après l’intervention, mais aucune différence significative entre eux. La nuance intéressante : seul le groupe ventouse dynamique dépasse le seuil de changement minimal détectable, avec un gain de 5,08° contre le seuil MDC. La ventouse statique et les deux sham restent sous ce seuil cliniquement pertinent.

Les auteurs suggèrent que la ventouse dynamique, qui ajoute le mouvement fonctionnel à l’aspiration, pourrait être la variante qui compte.

Les limites de cette étude

Pas de différence entre groupes, donc aucune supériorité démontrée statistiquement : le signal est dans le dépassement du MDC d’un seul groupe. Trente-cinq sujets en quatre bras, 8 à 9 par groupe : des cellules très petites. Et des adultes sains jeunes (22 ans en moyenne), pas des patients.

Verdict : mitigé, preuve modérée

Aucune différence significative entre ventouse statique, dynamique et sham sur la dorsiflexion, mais seule la dynamique dépasse le seuil de changement cliniquement pertinent. Mitigé : un signal technique intéressant sur la variante dynamique, sans preuve d’avantage net sur le sham.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

L’amplitude de cheville, c’est du kiné de sport pur, et ce test est propre : quatre bras dont deux sham, mesure à l’inclinomètre, seuil de changement clinique. Ce que je retiens : la ventouse en mouvement, celle qu’on fait glisser pendant que le patient bouge, est probablement la version utile pour la mobilité. Ça colle avec la pratique : la ventouse statique détend, la dynamique mobilise. Mais honnêtement, l’écart statistique n’existe pas entre les groupes, donc c’est une piste technique, pas une preuve. En formation je montre la ventouse dynamique sur les chaînes musculaires, et cet essai donne un argument pour la choisir quand l’objectif est l’amplitude.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

Vous souhaitez apprendre la ventousothérapie ?

Formation 45h en visioconférence, 11 référentiels, cours particuliers.

S'inscrire à la formation