Aller au contenu principal
← Sécurité & effets indésirables

Ventouse chez l'enfant : des marques prises pour des signes de maltraitance

Focardi M, Gori V, Romanelli M et al. ·Children, · Italie

MitigéTémoignage cliniqueCas cliniqueNon précisée

L'étude en bref

Titre original
"Mimics" of Injuries from Child Abuse: Case Series and Review of the Literature.
Journal
Children, 2024
Population
enfants adressés pour suspicion de maltraitance
Sujets
marques-cutanees, maltraitance, medecine-legale
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Série italienne de 6 « mimiques » sur 418 suspicions de maltraitance : 3 cas étaient des marques de ventouse. Le diagnostic différentiel qui manque.

Citation : Focardi M, Gori V, Romanelli M, et al. « “Mimics” of Injuries from Child Abuse: Case Series and Review of the Literature. » Children, 2024. Lire l’original · DOI : 10.3390/children11091103

Ce que l’étude a cherché à savoir

Le diagnostic de maltraitance infantile est l’un des plus difficiles de la médecine légale : certaines lésions qui ressemblent à des sévices ont une tout autre cause. Cette équipe florentine a voulu documenter ces « mimiques » pour armer les professionnels contre les erreurs de diagnostic dans les deux sens.

Comment ils s’y sont pris

Une série de cas extraite de 418 dossiers de suspicion de maltraitance. Six enfants (1,43 % des cas) présentaient des lésions initialement classées comme sévices, dont trois orientées vers un abus sexuel par leur localisation. Chaque dossier a été repris par une équipe multidisciplinaire avec examen des lésions et anamnèse détaillée.

Ce qu’ils ont trouvé

Deux diagnostics alternatifs dominent : un lichen scléreux génital dans trois cas, et les marques de pratiques traditionnelles de soin dans les trois autres, dont la ventouse. Les auteurs ajoutent une nuance importante : quand la mimique relève d’une pratique culturelle de soin, il ne s’agit pas à proprement parler de maltraitance, mais les professionnels doivent rester attentifs à l’absence d’indication médicale et aux éventuelles lésions associées. Les deux situations peuvent aussi coexister.

Les limites de cette étude

Six cas dans un centre italien : la proportion de 1,43 % n’a aucune valeur générale. Le type de ventouse n’est pas précisé. Et la série mélange des causes dermatologiques et des pratiques culturelles, ce qui complique la lecture.

Verdict : mitigé, témoignage clinique

Une pièce de diagnostic différentiel utile aux professionnels, pas une étude d’efficacité. Elle montre que les marques de ventouse chez l’enfant sont assez méconnues pour être prises pour des sévices, ce qui dit autant sur la formation des médecins que sur la pratique elle-même.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Ce papier touche un sujet que je prends très au sérieux : la ventouse sur l’enfant. En France comme au Québec, poser des ventouses sur un mineur exige un contexte irréprochable : indication claire, parents informés, intensité réduite, durées courtes. Ces marques spectaculaires sur un enfant peuvent être légitimement interrogées par un médecin ou une école. Deux enseignements pour moi : toujours documenter et expliquer la marque attendue aux parents, et se souvenir que chez l’enfant la prudence n’est pas une option, c’est le cadre.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

Vous souhaitez apprendre la ventousothérapie ?

Formation 45h en visioconférence, 11 référentiels, cours particuliers.

S'inscrire à la formation