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Syndrome de stress tibial médial : la ventouse face à la technique Graston

Deshmukh NS, Phansopkar P ·Cureus, · Inde

FavorablePreuve modéréeEssai contrôlé randomiséNon précisée

L'étude en bref

Titre original
Effect of the Graston Technique and Cupping Therapy on Pain and Functions in Individuals With Medial Tibial Stress Syndrome: A Randomized Clinical Trial.
Journal
Cureus, 2023
Population
coureurs récréatifs de 20 à 30 ans avec syndrome de stress tibial médial
Sujets
syndrome de stress tibial medial, periostite tibiale
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Essai randomisé indien, 46 coureurs atteints de périostite tibiale : 12 séances en 3 semaines, la ventouse devance la technique Graston sur douleur et tests fonctionnels.

Citation : Deshmukh NS, Phansopkar P. « Effect of the Graston Technique and Cupping Therapy on Pain and Functions in Individuals With Medial Tibial Stress Syndrome: A Randomized Clinical Trial. » Cureus, 2023. Lire l’original · DOI : 10.7759/cureus.48246

Ce que l’étude a cherché à savoir

Le syndrome de stress tibial médial, que les coureurs connaissent sous le nom de périostite tibiale, touche le bord interne du tibia sur ses deux tiers inférieurs. Chez les coureurs de fond, son incidence grimpe entre 13,6 et 20,2 % selon les cohortes citées par les auteurs. C’est une des blessures de surcharge les plus fréquentes du footing.

Deux techniques de tissus mous s’affrontent ici : la technique Graston, une mobilisation instrumentée à embouts métalliques très utilisée en kinésithérapie du sport, et la ventouse par dépression. La question posée est simple : laquelle soulage le mieux la douleur et restaure la fonction chez le coureur ?

Comment ils s’y sont pris

Quarante-six coureurs récréatifs de 20 à 30 ans, symptomatiques depuis plus de deux semaines, recrutés dans deux structures de Wardha en Inde. Douleur palpable sur au moins 5 cm du bord tibial, grade I ou II à la palpation. Tirage au sort par enveloppes : 23 sujets dans le groupe Graston, 23 dans le groupe ventouse.

Les deux groupes recevaient en plus un socle commun de kinésithérapie classique : 20 minutes d’étirements et de renforcement à chaque séance. Le rythme était dense : 4 séances par semaine pendant 3 semaines, soit 12 séances au total.

Point faible du papier : le protocole ventouse n’est jamais décrit. La discussion parle de « dynamic cupping », sans préciser pression, durée de pose ni zones exactes. Impossible de reproduire le geste à la lecture. Les mesures, elles, sont détaillées : douleur sur échelle visuelle analogique au repos et à l’effort, temps et vitesse sur tapis de course à 2 % de pente, tests de montée et descente de marche, amplitudes de cheville au goniomètre et testing musculaire manuel.

Ce qu’ils ont trouvé

Les deux techniques progressent sur tous les critères, mais la ventouse devance Graston presque partout.

Sur la douleur au repos, le groupe ventouse passe de 2,59 à 0,68 sur l’EVA ; le groupe Graston passe de 4,48 à 2,09. À l’effort, la ventouse descend de 4,39 à 1,26 contre 4,74 à 2,00 pour Graston. La différence sur la douleur ressort significative (p = 0,01).

Même sens sur le fonctionnel. Temps de course sur tapis : 5,46 à 9,91 minutes sous ventouse, 5,09 à 8,91 sous Graston. Tests de montée et descente de marche : 2,64 à 4,79 contre 2,01 à 3,70. La dorsiflexion de cheville gagne 5,79 degrés sous ventouse, 3,91 sous Graston. Le testing musculaire s’améliore dans les deux groupes sur les fléchisseurs, extenseurs, dorsiflexeurs et rotateurs de cheville.

Les auteurs résument : la ventouse soulage plus vite, avec un effet notable dès les premières séances, là où Graston met plus de temps pour un résultat comparable.

Les limites de cette étude

Le protocole ventouse absent du texte est le défaut majeur : on ne sait ni quelle dépression, ni quel temps de pose, ni quelles ventouses ont été utilisées. L’étude décrit mieux ce qu’elle a mesuré que ce qu’elle a fait.

Autre souci : l’EVA au repos de départ n’est pas équilibrée (2,59 côté ventouse contre 4,48 côté Graston). Partir moins douloureux facilite la fin de course. Pas de groupe sham ni de bras sans traitement, donc la part de l’attention et de la progression naturelle reste inconnue, d’autant que les deux bras cumulaient avec la kiné conventionnelle. Enfin 23 sujets par groupe sur 3 semaines sans recul : c’est un petit essai publié dans Cureus, une revue au processus éditorial léger.

Verdict : favorable, preuve modérée

Un essai randomisé avec comparateur actif qui donne la ventouse gagnante sur la quasi-totalité des mesures, avec des chiffres cohérents entre eux. Favorable. La modération tient au protocole non décrit, au déséquilibre de départ et à l’absence de contrôle neutre : le résultat est encourageant, pas probant.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Le duel ventouse contre instrument métallique revient sans cesse en formation, beaucoup de stagiaires arrivent du monde kiné où Graston a ses habitués. Ce qui me parle dans ce résultat : la ventouse gagne sur la douleur ressentie d’abord, et c’est exactement ce que je constate sur les lésions de surcharge. Le protocole non décrit, en revanche, me gêne franchement. « Dynamic cupping » sans pression ni temps de pose, ce n’est pas transmissible. Mes douze séances en trois semaines à moi incluent toujours un dosage écrit de la dépression ; ici, rien. Reste un signal intéressant pour les coureurs : une technique douce, sans appui douloureux sur le périoste irrité, qui fait mieux que l’instrument sur un tableau de surcharge tibiale.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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