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En Chine, 37 % des utilisateurs de médecine traditionnelle ont recours à la ventouse

Cao Y, Huang T, Deng H et al. ·Scientific Reports, · Chine

MitigéPreuve préliminaireÉtude de cohorteNon précisée

L'étude en bref

Titre original
The current situation and factors influencing the use of traditional Chinese medicine therapies among patients with chronic disease in china: a cross-sectional study
Journal
Scientific Reports, 2025
Population
1 023 résidents chinois avec au moins une maladie chronique
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Enquête nationale chinoise sur 1 023 patients chroniques : la ventouse est la 2e technique de MTC la plus utilisée après la phytothérapie. Verdict mitigé.

Citation : Cao Y, Huang T, Deng H, et al. « The current situation and factors influencing the use of traditional Chinese medicine therapies among patients with chronic disease in china: a cross-sectional study. » Scientific Reports, 2025. Lire l’original · DOI : 10.1038/s41598-025-16933-2

Ce que l’étude a cherché à savoir

Les maladies chroniques pèsent lourd sur la santé publique chinoise. La médecine traditionnelle chinoise y est souvent présentée comme une réponse de prévention et de traitement, mais qui l’utilise vraiment, et pour quoi ? Une équipe a exploité la grande enquête sociale chinoise (CGSS 2021) pour cartographier les usages.

C’est de l’épidémiologie des pratiques : mesurer qui utilise quoi, pas si ça marche.

Comment ils s’y sont pris

Données de la China General Social Survey 2021 : 1 023 résidents ayant au moins une maladie chronique. Informations de base, état de santé, mode de vie. Analyse de distribution par chi2 puis régression logistique binaire pour identifier les facteurs associés à l’usage des techniques de MTC.

Ce qu’ils ont trouvé

49 % des patients chroniques utilisent au moins une technique de MTC. Dans cet ensemble, la phytothérapie domine (73,1 %), suivie de la ventouse (37,5 %), de l’acupression/massage (31,3 %), de l’acupuncture (30,5 %) et de la moxibustion (23,1 %). La ventouse arrive donc en deuxième position des techniques physiques.

Les prédicteurs d’usage : âge 41-60 ans plus utilisateur que les plus de 81 ans, consommation modérée d’alcool associée à plus d’usage, et surtout fréquence de consultation médicale : ceux qui voient un médecin plusieurs fois par semaine ont presque trois fois plus de chances d’utiliser la MTC.

Les limites de cette étude

Enquête déclarative sur données sociales, pas dossiers médicaux : la fiabilité dépend de la mémoire et de la déclaration. L’usage de ventouse n’est pas détaillé (sèche, humide, à quelle fréquence, pour quelle indication). Pas de lien avec l’efficacité ni les résultats. Et l’échantillon CGSS, bien que large, n’est pas nécessairement représentatif de toute la Chine rurale ou hospitalière.

Verdict : mitigé, preuve préliminaire

Une photographie d’usage solide : près de quatre utilisateurs de MTC sur dix déclarent la ventouse, ce qui en fait la technique manuelle la plus répandue du pays. Utile pour comprendre l’ancrage de la pratique, sans valeur sur son efficacité.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

37 %, c’est massif. En Chine, la ventouse n’est pas une curiosité, c’est une technique du quotidien pour les malades chroniques. Ce que je retiens de cette enquête, c’est le profil utilisateur : des gens qui consultent déjà beaucoup, qui cherchent une réponse en plus du parcours conventionnel. C’est le public que je vois en formation, des praticiens qui veulent offrir autre chose à des patients épuisés par le système. L’étude ne dit pas si la ventouse les aide, elle dit qu’ils y vont. Pour le formateur que je suis, c’est une donnée de terrain précieuse.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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