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COVID-19 hospitalisée : huile de galbanum et ventouse sèche en complément

Seydi F, Salehi M, Hashem-Dabaghian F et al. ·Avicenna Journal of Phytomedicine, · Iran

FavorablePreuve modéréeEssai contrôlé randomiséProtocole combiné

L'étude en bref

Titre original
Efficacy of topical galbanum oil with dry cupping in hospitalized COVID-19 patients: A randomized open-label clinical trial.
Journal
Avicenna Journal of Phytomedicine, 2023
Population
patients hospitalisés COVID-19 avec atteinte pulmonaire au scanner et SpO2 ≤ 93 %
Sujets
covid-19, hypoxemie, dyspnee
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

ECR iranien, 58 patients hospitalisés COVID-19 : huile de galbanum puis ventouse glissée dorsale 3 fois par jour. SpO2 +5,5 points contre +1 sous soins seuls.

Citation : Seydi F, Salehi M, Hashem-Dabaghian F, et al. « Efficacy of topical galbanum oil with dry cupping in hospitalized COVID-19 patients: A randomized open-label clinical trial. » Avicenna Journal of Phytomedicine, 2023. Lire l’original · DOI : 10.22038/AJP.2023.21829

Ce que l’étude a cherché à savoir

En Iran, la médecine traditionnelle persane est institutionnalisée : elle a ses services hospitaliers, ses protocoles, ses essais cliniques. Pendant la vague COVID de fin 2021, une équipe de l’hôpital Imam Khomeini à Téhéran a testé une combinaison issue de cette tradition : huile de galbanum en application cutanée, suivie de ventouse sèche, en complément du traitement standard.

Le galbanum est l’oléo-gomme-résine de Ferula gummosa, une apiacée iranienne utilisée traditionnellement contre la toux et la dyspnée, avec des données in vitro d’inhibition de l’IL-6 et d’activité sur la grippe A. L’huile retenue ici associait son huile essentielle à une base amande-violette. L’idée était d’agir sur la saturation en oxygène et les symptômes respiratoires des patients hospitalisés.

Comment ils s’y sont pris

Essai randomisé ouvert sur 60 patients hospitalisés, PCR positifs, avec atteinte pulmonaire au scanner et SpO2 de 93 % ou moins. Soixante patients inclus, 58 analysés après un décès dans chaque groupe. Âge moyen 51 ans.

Tous recevaient le protocole standard iranien de l’époque : oxygène, remdesivir, dexaméthasone et anticoagulant. Le groupe intervention recevait en plus, trois fois par jour pendant cinq jours au maximum : 2,5 ml d’huile de galbanum frictionnés sur le dos du thorax jusqu’à absorption, puis pose d’une ventouse chaude en verre (5 cm d’ouverture, dépression de 10 à 15 mmHg) fixée une minute au niveau de T4 à 4 cm de la colonne, suivie d’un glissement le long des paravertébraux jusqu’au diaphragme pendant cinq minutes.

SpO2 mesurée quotidiennement, sévérité de seize symptômes cotée de 0 à 3 chaque jour, bilan biologique (CRP, VS, hémoglobine, plaquettes) au cinquième jour.

Ce qu’ils ont trouvé

La différence de saturation saute aux yeux. Dans le groupe galbanum-ventouse, la SpO2 passe de 88,74 à 94,23 %, soit +5,49 points (p < 0,001). Dans le groupe contrôle, elle passe de 89,27 à 90,29 %, soit +1,02 point (p = 0,038). Entre les deux groupes, l’écart est très significatif (p < 0,001).

Côté symptômes, fièvre, toux productive, dyspnée et anorexie s’améliorent davantage dans le groupe intervention. La dyspnée dure en moyenne 2,36 jours contre 3,13 jours sous soins seuls (p = 0,009). En revanche, ni la durée d’hospitalisation ni les paramètres biologiques ne diffèrent entre les groupes. Aucun effet indésirable rapporté.

Les limites de cette étude

L’impossibilité d’isoler les composants est le point central : huile essentielle, friction cutanée, ventouse fixe et ventouse glissée arrivent en un seul paquet. Rien ne dit ce qui agit. Le groupe contrôle ne recevait aucune procédure supplémentaire, ni massage placebo ni huile neutre, donc toute la dimension attentionnelle et tactile joue en faveur de l’intervention.

Essai ouvert pour les patients comme pour les évaluateurs, sur 29 patients analysés par bras. Et un détail qui invite à la prudence : la SpO2 du groupe contrôle ne gagne qu’un point en cinq jours sous traitement standard, une trajectoire plate inhabituelle pour des patients hospitalisés qui s’améliorent normalement.

Verdict : favorable, preuve modérée

Un ECR hospitalier avec randomisation, critères d’inclusion objectifs et un résultat primaire dur, la SpO2, qui double presque la norme d’amélioration. Favorable. Mais c’est une étude de combinaison : elle valide le couple huile-ventouse de la médecine persane, pas la ventouse seule, et l’absence de bras placebo élargit la zone d’incertitude.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Trois séances par jour pendant cinq jours : voilà un dosage qui n’existe qu’à l’hôpital, impossible en cabinet où je vois un client une fois par semaine au mieux. Ce qui me parle, c’est la zone de travail : paravertébraux thoraciques jusqu’au diaphragme, c’est le territoire classique quand un client arrive avec des tensions de type oppression. La combinaison huile puis glissement, c’est aussi une logique que je pratique : lubrifier puis déplacer la dépression. Prudence de rigueur sur l’attribution : impossible de savoir ce qui revient à l’huile, au massage ou à la ventouse. Et je le rappelle chaque fois qu’on touche au respiratoire sérieux : en cabinet, ce sont les tensions fonctionnelles qui nous concernent, pas les pneumonies. Cette étude se lit comme un document de ce qui se fait ailleurs, pas comme un protocole à reproduire.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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