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Humide contre sèche chez les coureurs : le sommeil bouge, la performance non

Dergaa I, Ghouili H, Clark CCT et al. ·Sports Medicine and Health Science, · Tunisie

MitigéPreuve modéréeEssai contrôlé randomiséProtocole combiné

L'étude en bref

Titre original
Impact of wet and dry cupping therapy on endurance, perceived wellness, and exertion in recreational male runners
Journal
Sports Medicine and Health Science, 2026
Population
32 coureurs amateurs masculins
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

ECR sur 32 coureurs amateurs : la ventouse humide améliore le sommeil, la sèche non ; aucune des deux ne change l'endurance ni la VO2max. Verdict mitigé.

Citation : Dergaa I, Ghouili H, Clark CCT, et al. « Impact of wet and dry cupping therapy on endurance, perceived wellness, and exertion in recreational male runners. » Sports Medicine and Health Science, 2026. Lire l’original · DOI : 10.1016/j.smhs.2024.11.004

Ce que l’étude a cherché à savoir

La ventouse est revenue dans le sport avec les marques olympiques de 2016, mais les comparaisons rigoureuses entre ses variantes manquent. Une équipe tunisienne et internationale a voulu tester la différence entre la ventouse humide (avec scarification) et la ventouse sèche chez des coureurs amateurs, sur l’endurance, le bien-être perçu, l’effort et le sommeil.

Je précise tout de suite : la branche humide n’est pas ma pratique. Cette fiche rend compte d’une étude comparative, elle ne la recommande pas.

Comment ils s’y sont pris

Trente-deux coureurs amateurs masculins, randomisés en deux groupes : séances de ventouse humide contre séances de ventouse sèche. Évaluation avant et après : endurance au test intermittent Yo-Yo, qualité de sommeil par l’index de Pittsburgh (PSQI), effort perçu à l’échelle de Borg CR10, et fréquence cardiaque mesurée par capteur Polar H10 pendant les tests.

Ce qu’ils ont trouvé

Le sommeil bouge, mais du côté humide. Latence d’endormissement : -82,3 % de changement dans le groupe humide (interaction groupe × temps p = 0,006, d = 0,74). Perturbations du sommeil : -68,7 % (p < 0,001, d = 1,09). Score global de sommeil : -52,8 % (p = 0,004, d = 0,77). Le groupe sèche ne montre pas ces gains.

Côté performance, rien de significatif : ni distance au Yo-Yo, ni fréquence cardiaque maximale, ni VO2max ne diffèrent entre les groupes. La ventouse, humide ou sèche, ne change pas l’endurance mesurée.

Les limites de cette étude

Trente-deux participants masculins uniquement, coureurs amateurs : pas de généralisation aux femmes ni aux élites. Pas de groupe contrôle sans ventouse, donc impossible de savoir si la sèche fait mieux que rien sur le sommeil. Les mécanismes proposés pour le bénéfice du sommeil humide (prélèvement sanguin léger, réponse hormonale) restent spéculatifs. Et les auteurs concluent eux-mêmes à une absence d’effet sur la performance directe.

Verdict : mitigé, preuve modérée

Un essai propre qui donne deux réponses : le sommeil s’améliore sous ventouse humide (à rapporter honnêtement, sans que ça la recommande), et ni l’humide ni la sèche ne changent la performance d’endurance. Pour la ventouse sèche que je pratique, le message est clair : pas de gain de course démontré.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

J’enseigne la ventouse sèche, et uniquement elle : la scarification n’est pas mon métier. Mais je ne vais pas cacher le résultat de cette étude : le sommeil des coureurs s’est amélioré sous ventouse humide, pas sous la sèche. C’est un fait de l’étude. Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’autre résultat : aucune des deux ne fait courir plus vite ni plus longtemps. En formation, j’ai toujours dit que la ventouse n’est pas un produit dopant de performance, c’est un outil de récupération et de confort. Cette étude le confirme. Pour le sommeil, mes protocoles sèche sur le dos et la nuque donnent des retours positifs au cabinet, mais l’étude ne les a pas testés, elle a testé la comparaison humide-sèche.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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