Aller au contenu principal
← Douleur & musculo-squelettique

Lombalgie : la ventouse sèche ne fait pas mieux que le sham (90 patients)

Almeida Silva HJ, Saragiotto BT, Silva RS et al. ·Journal of Physiotherapy, · Brésil

DéfavorablePreuve forteEssai contrôlé randomiséPose statique

L'étude en bref

Titre original
Dry cupping therapy is not superior to sham cupping to improve clinical outcomes in people with non-specific chronic low back pain: a randomised trial
Journal
Journal of Physiotherapy, 2021
Population
patients souffrant de lombalgie chronique non spécifique
Sujets
lombalgie, douleur-chronique
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Essai rigoureux de 90 patients : 8 semaines de ventouse sèche vs sham. Aucune différence sur douleur, fonction, mobilité, qualité de vie ou médicaments. ITT et aveuglement.

Citation : Almeida Silva HJ, Saragiotto BT, Silva RS, et al. « Dry cupping therapy is not superior to sham cupping to improve clinical outcomes in people with non-specific chronic low back pain: a randomised trial. » Journal of Physiotherapy, 2021. Lire l’original en libre accès · DOI : 10.1016/j.jphys.2021.02.013

Ce que l’étude a cherché à savoir

L’équipe brésilienne de physiothérapie la plus rigoureuse du corpus a posé la question définitive : la ventouse sèche fait-elle mieux que la fausse ventouse sur la lombalgie chronique ? Quatre-vingt-dix patients, intention de traiter, patients et évaluateurs aveugles, allocation cachée.

C’est l’essai méthodologiquement le plus propre du corpus ventouse-lombalgie.

Comment ils s’y sont pris

Quatre-vingt-dix patients randomisés : ventouse sèche réelle sur les zones para-lombaires L1-L5 d’un côté, ventouse sham de l’autre. Huit séances hebdomadaires. Mesures : douleur au repos, en marche rapide et en flexion du tronc, fonction physique, mobilité fonctionnelle, amplitude, effet global perçu, qualité de vie, symptômes psychologiques et consommation médicamenteuse. Analyse en intention de traiter.

Ce qu’ils ont trouvé

Néant. Différence de douleur au repos : 0,0 après la première séance, 0,4 à quatre semaines, 0,6 à huit semaines, tous les intervalles excluent tout effet utile. Idem en marche rapide et en flexion. Fonction physique, mobilité, effet perçu, qualité de vie, symptômes psychologiques, médicaments : aucun bénéfice confirmé sur aucun critère.

Les auteurs le disent proprement : la ventouse sèche n’est pas supérieure au sham.

Les limites de cette étude

L’honnêteté oblige de le dire aussi dans l’autre sens : le sham ventouse pose quand même une ventouse sans dépression, un contact cutané qui n’est pas neutre, et le débat sur ce qu’est un « vrai » placebo de ventouse reste ouvert. Le protocole à une séance par semaine est moins dense que les protocoles chinois. Et huit semaines, c’est peu sur une lombalgie chronique installée.

Verdict : défavorable, preuve forte

Dans l’essai le plus rigoureux du corpus, la ventouse sèche ne fait pas mieux que le sham sur la douleur, la fonction, la mobilité ou la qualité de vie de la lombalgie chronique. Défavorable : un résultat négatif propre à publier tel quel, qui contrebalance les signaux favorables des essais moins contrôlés.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Cet essai est le meilleur du corpus, et il est négatif : je le mets en avant précisément pour ça. En formation je le cite systématiquement : 90 patients, sham, intention de traiter, tout propre. Le résultat nul est honnête et il m’oblige à la lucidité : la ventouse sur la lombalgie, le bénéfice spécifique au-delà du rituel n’est pas démontré ici. Où est ma nuance : les patients s’améliorent dans les deux groupes, la ventouse fait quelque chose, mais le sham le fait aussi. Ça replace le mécanisme sur la table : une partie de ce qu’on fait passe par le contact, le contexte, le soin. En pratique je continue de poser sur la lombalgie parce que le résultat clinique existe, mais je sais dire pourquoi je le fais et ce que la science dit vraiment.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

Vous souhaitez apprendre la ventousothérapie ?

Formation 45h en visioconférence, 11 référentiels, cours particuliers.

S'inscrire à la formation