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Mongolie : la ventouse est un facteur de risque indépendant d'infection par le VHC

Byambasuren A, Baatarzorigt M, Otgon M et al. ·Viruses, · Mongolie

DéfavorablePreuve modéréeÉtude de cohorteNon précisée

L'étude en bref

Titre original
Hepatitis C Virus Infection in Mongolia: Updated Provincial Data on Prevalence, Genotype Distribution, and Age-Specific Risk Factors
Journal
Viruses, 2025
Population
2 304 résidents de la province d'Arkhangai, 0 à 80 ans
Sujets
hepatite-c
Accès
Texte intégral en libre accès

En une phrase

Étude transversale en Mongolie, 2 304 personnes : la ventouse est associée au VHC avec un odds ratio ajusté de 1,89, aux côtés du rasoir partagé et des injections non sûres. Verdict défavorable.

Citation : Byambasuren A, Baatarzorigt M, Otgon M, et al. « Hepatitis C Virus Infection in Mongolia: Updated Provincial Data on Prevalence, Genotype Distribution, and Age-Specific Risk Factors. » Viruses, 2025. Lire l’original · DOI : 10.3390/v17121602

Ce que l’étude a cherché à savoir

La Mongolie a historiquement une des plus fortes prévalences de VHC au monde, au-delà de 15 % dans les estimations passées. Une équipe a voulu mettre à jour les chiffres dans la province d’Arkhangai et identifier les facteurs de risque actuels, dont la ventouse, pratique traditionnelle répandue.

Comment ils s’y sont pris

Étude transversale populationnelle de 2022 : 2 304 personnes de 0 à 80 ans. Anticorps anti-VHC par ELISA, ARN viral par PCR, génotypage des positifs. Analyse en régression logistique pour isoler les facteurs de risque indépendants.

Ce qu’ils ont trouvé

Prévalences : 12 % d’anticorps anti-VHC, 7,2 % d’ARN viral positif. Le génotype 1b domine massivement (98,2 %). L’infection grimpe avec l’âge et touche plus les femmes (14,6 % contre 8,4 %).

En analyse univariée, la ventouse est associée au VHC (OR 2,37). En multivariée, quatre exposants restent indépendamment associés : la ventouse (OR ajusté 1,89), le rasoir partagé (OR 1,98), les procédures cosmétiques (OR 1,62) et les injections non sûres (OR 1,84). La ventouse tient donc comme facteur de risque propre, pas seulement comme marqueur d’autre chose.

Les limites de cette étude

Transversale : on mesure l’association, pas la séquence temporelle. La ventouse n’est pas détaillée : en Mongolie, elle peut être sèche ou humide, avec ou sans incision, et les conditions d’hygiène varient. Le rappel de l’exposition est déclaratif. La province d’Arkhangai est rurale et particulière, pas nécessairement représentative. Et un OR de 1,89 reste modéré, même s’il est indépendant.

Verdict : défavorable, preuve modérée

Le signal le plus solide du lot sur le risque infectieux : la ventouse est un facteur de risque ajusté du VHC en Mongolie, au même niveau que le rasoir partagé ou les injections non sûres. Ça ne dit pas que la ventouse sèche stérile transmet, ça dit que la ventouse pratiquée sans contrôle d’hygiène peut le faire. Défavorable à la pratique non encadrée.

Mon regard de terrain (Ludovic Dumay)

Un odds ratio ajusté de 1,89, c’est le genre de résultat qui me fait sérieusement considérer l’hygiène comme le premier critère de qualité d’une pratique de ventouse. En Mongolie comme en Corée ou au Yémen, le signal se répète : quand la ventouse sort du cadre propre, elle peut transmettre le VHC. Je le répète aux stagiaires : ma ventouse pneumatique se désinfecte entre chaque patient, elle ne voit jamais de sang, et c’est ça qui fait la différence avec ce qui est mesuré ici. Le message santé publique est clair : réguler la pratique, former les praticiens, imposer l’hygiène.

Pour aller plus loin


La ventousothérapie est une pratique de bien-être complémentaire : elle ne se substitue pas à un avis médical. Cette fiche résume une étude scientifique ; elle ne constitue pas une recommandation de traitement.

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